Focus collection

La muséographie s’organise autour de quatre grands thèmes : l’histoire de l’antique Vienna, la vie artisanale et commerciale, les mosaïques et les enduits peints, la maison romaine et le cadre de vie.

La vie artisanale et commerciale

Des amphores pour l’huile d’olive (Dressels 20)

Les amphores, par les denrées qu’elles transportaient dans l’Antiquité, témoignent selon les lieux et les époques des pratiques alimentaires spécifiques là où elles sont mises au jour. La découverte de ces conteneurs atteste bien sûr l’importance de l’introduction progressive de nouveaux ingrédients dans la cuisine comme l’huile d’olive par exemple.
Du Ier siècle au début du IIIe siècle apr. J.-C., c’est la Province de Bétique (Andalousie), qui fournissait l’essentiel de l’huile d’olive importé à la cité antique de Vienna. Mais à partir du IIIe siècle, l’huile était également importée d’Afrique. Ce commerce était géré par une corporation, connue à Lyon par une inscription mentionnant des marchands d’huile d’olive  provenant de Bétique (diffusores olearii ex Baetica).


L’huile d’olive était conditionnée dans des amphores (Dressel 20), avec une lèvre aplatie, des anses massives et une panse ronde à fond pointu. Elles pesaient, une fois pleines, près de 100 kilogrammes. Plusieurs exemplaires sont conservés dans nos collections. Elles proviennent des grands entrepôts du site de Saint-Romain-en-en-Gal,  mais aussi des fouilles d’habitations de la rue Garon à Sainte- Colombe. Ces deux communes constituent, comme on le sait, des quartiers de Vienne antique situés sur la rive droite du Rhône.
Des conditions de conservation exceptionnelles permettent parfois de retrouver des inscriptions peintes sur l’amphore ; elles indiquaient le poids de l’huile, son origine et le nom du transporteur.
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Dressels 20 au musée de Saint-Romain-en-Gal
Dressels 20 vue générale au musée de Saint-Romain-en-Gal

Buste d’Hercule en marbre

Le Héros le plus fréquemment représenté de la mythologie gréco-romaine est Hercule, modèle de l’infatigable exercice de la force contre les monstres, le désordre et le mal. Héros civilisateur par excellence. Il reçoit les enseignements de Dionysos dont l’ivresse est représentée sur la mosaïque  de l’ivresse d’Hercule découverte dans la cité Antique de Vienne et conservée au musée Lugdunum à Lyon.
Au musée de Saint-Romain-en-Gal, il règne  au centre de la mosaïque des Athlètes vainqueurs, (découverte à Vienne) entouré de ses attributs : la massue, la léonté (peau de lion de Némée terrassé lors d’un de ses 12 travaux), l’arc et le carquois. À ces apanages habituels s’ajoute un canthare rempli de vin en lien avec l’iconographie Dionysiaque.


Son jeune compagnon Hylas est également représenté sur une mosaïque dans le hall du musée, lors de l’épisode emblématique de son enlèvement par les Nymphes. C’est la seule de ses aventures conservée dans le décor de l’époque romaine.
Le buste fragmentaire en marbre, mis au jour lors du dégagement des grands entrepôts (Horrea) sur le site de Saint-Romain-en-Gal, atteste une nouvelle fois de sa présence à Vienna. La peau de lion qui tombe sur l’épaule gauche de ce buste athlétique permet de l’identifier comme une représentation d’Hercule. Ce héros défié, réputée comme dispensateur de prospérité, est ici protecteur des commerçants.
Lieu de découverte : Grands entrepôts (Horrea), site archéologique de Saint-Romain-en-Gal.
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Buste Hercule au musée de Saint-Romain-en-Gal

Les mosaïques

La mosaïque des dieux Océan

Découverte dès l’ouverture du chantier de fouille en 1967, la mosaïque des dieux Océan, d’une superficie de 130 m2, constituait le sol du vestibule monumental de l’une des plus grandes maisons à laquelle elle a donné son nom. Elle est composée de grandes tesselles de calcaire, blanches et noires. Les variations de teintes que l’on peut constater sont la conséquence d’un incendie qui détruisit la maison au IIIe siècle après J.-C. Le tapis central, qui enserrait le bassin du vestibule, comportait quatre têtes du Dieu Océan, dont deux sont entièrement conservées ; ce sont des têtes d’hommes d’âge mûr dont la chevelure et la barbe abondantes se terminent en pinces de homard ou en pattes de crustacés ou bien sont couvertes d’algues ou de poissons.


Elles sont entourées d’animaux marins : poissons (murènes, sardines, raies), coquillages (moules, murex, ce mollusque dont les Romains extrayaient la pourpre). Tout autour, se développe un décor géométrique de cercles sécants. Ce décor en noir et blanc, qui tranche par sa sobriété sur les mosaïques viennoises de cette époque, est devenu aujourd’hui l’emblème du site de Saint-Romain-en-Gal.
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La mosaïque aux xenia

Ce pavement provient d’une des maisons les plus richement décorée, la maison aux Cinq Mosaïques ; presque tous les sols des différentes pièces étaient en mosaïque. Il s’agit en effet d’un des ensembles les plus complets de la Gaule.
La mosaïque aux xenia couvrait la grande pièce de réception, probablement une salle à manger. Elle offre un riche ensemble de sujets de grande qualité disposés dans les cases d’une composition géométrique. De nombreuses représentations évoquent la table ; corbeille de fruits (figues ou pommes), cerf, perdrix, pigeon, poissons, champignons. Certains motifs d’inspiration mythologique semblent sans rapport avec les xenia, comme des sujets marins : Néréide, griffon et taureau marins.


D’autres se rattachent au culte de Bacchus, comme la représentation de Silène, compagnon du dieu et de masques de théâtre. À l’évocation du banquet s’associent les plaisirs du vin et peut-être aussi ceux de l’esprit.
Plusieurs de ces « tableaux » ont été restaurés dans l’Antiquité, avant la destruction finale de la maison par un incendie, au cours du IIIe siècle après J.-C.
Cette mosaïque a été depuis 2002 reposée in situ durant la belle saison dans le cadre d’une opération originale qui consistait à remettre les pavements issus de la Maison aux Cinq Mosaïques dans leurs pièces d’origine. Cette opération sera  sans doute reconduite si la conservation de ces pavements le permettra.
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Mosaique aux Xenia ensemble au musée de Saint-Romain-en-Gal

La mosaïque aux losanges et aux crustae (incrustations de marbre)

Ce pavement à incrustations de marbre, sur fond fait de tesselles (opus tessellatum), illustre deux techniques associées dans le décor des sols : les incrustations de marbres et la mosaïque composée de cubes de pierre. Il ornait un couloir ou la galerie de la maison à la Colombe réaménagée vers le début du IIIe siècle après J.-C.
C’est une composition géométrique sur fond de damier noir et blanc. Au centre de la composition deux losanges blancs s’inscrivent dans des rectangles noirs, tandis qu’à gauche et à droite deux carrés noirs sont inscrits chacun dans un carré blanc.


Les quatre écoinçons triangulaires sont occupés de motifs végétaux stylisés, feuilles, tiges et volutes. Les tesselles sont en calcaire noir et blanc, tandis que des marbres variés entrent dans la composition des incrustations. On a là, sous forme de petits fragments, un véritable catalogue de toutes les roches décoratives importées de diverses régions de méditerranée. C’est le contraste entre la richesse de cette polychromie et la rigueur géométrique de la composition qui fait la beauté de ce pavement.
Ces marbres coûteux, certains parmi les plus précieux comme le porphyre vert de Grèce ou le porphyre rouge d’Égypte, étaient essentiellement employés en placages dans les édifices publics. Pour constituer ce pavement original, il est probable que le propriétaire de la maison ait récupéré des chutes de taille dans les chantiers des bâtiments officiels de la cité antique de Vienna.
Lieu de découverte : maison à la Colombe, site archéologique de Saint-Romain-en-Gal
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Mosaïque aux Losanges et crustae au musée de Saint-Romain-en-Gal

La mosaïque aux cercles sécants

La mosaïque aux cercles sécants date du début du IIIe siècle après. J.-C. et appartient au dernier état de la maison aux Colonnes, une habitation dégagée à la fin des années 1960 dans l’angle nord-est du site. La pièce dont elle est issue fait partie d’un appartement situé en bordure de jardin. Elle est réalisée en tesselles de calcaire. Plusieurs bandes, alternativement noires et blanches, encadrent le tapis délimité par deux rangs de tesselles. Il s’agit de cercles sécants déterminant des motifs à six feuilles.


Cette mosaïque fait partie de la production de canevas géométriques influencés par les compositions italiques, issues notamment d’Italie du Nord. Les ateliers viennois, très actifs durant les premiers siècles de notre ère, ont développé un répertoire d’une grande variété, attesté par les deux-cents mosaïques découvertes à Vienne (France) et sur le site de Saint-Romain-en-Gal lesquelles témoignent de leur dynamisme assez exceptionnel.
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Mosaïque aux cercles sécants

La maison romaine et le cadre de vie

Aphrodite ou Nymphe de Sainte-Colombe

Nymphe ou déesse?
Dressée sur un petit socle circulaire, la sculpture taillée dans un marbre blanc gris à gros grains, dont nous ignorons toujours la provenance, mesure 1,18 m de hauteur sur 0,32 m de largeur. Le haut du corps est nu, le bas est drapé dans une étoffe à larges plis nouée sous la taille. La jambe gauche est fléchie, le poids du corps porte sur la jambe droite en un effet de déhanchement. Les deux bras sont manquants ; ils supportaient vraisemblablement une vasque dont l’arrachement demeure visible sous le nœud du drapé. La tête est inclinée vers la droite. La chevelure ondulée est séparée en deux bandeaux formant deux coques au-dessus du front, noués par un ruban en chignon sur la nuque.


Les spécialistes soulignent le charme certain de cette statue identifiée comme une représentation d’Aphrodite, déesse de l’amour et des eaux. Pour Pierre Wuilleumier, premier historien d’art à publier en 1946 un article complet sur la statue, « le regard lointain des yeux fendus en amande et le demi-sourire de la bouche entrouverte reflètent la mélancolie.»
Dans le monde romain, ce type de statue-fontaine était très répandu et ornait les bassins des thermes et des jardins, privés ou publics. Elle date, selon des critères stylistiques, du IIe ou du IIIe siècle après J.-C.

La renaissance d’une œuvre
Suite à son acquisition, l’étude et la restauration de la statue d’Aphrodite ont été réalisées avec le soutien de GAROM, association des amis des musées gallo-romains de Lyon (actuel LUGDUNUM) et de Saint-Romain-en-Gal. Elles se sont déroulées dans les ateliers du Centre de Recherche et de Restauration des musées de France (C2RMF), à Versailles.
Des examens ont été pratiqués : observation sous lumière ultraviolette de la surface, examen sous loupe binoculaire des restes de polychromie et endoscopie des conduits de circulation d’eau dans la sculpture.
L’examen visuel a mis en évidence d’anciennes interventions sur la surface de la statue suite à sa découverte au XIXe siècle. Le trou d’évacuation d’eau de cette fontaine a été comblé avec du plâtre et la coquille cassée a été partiellement restaurée. Une application de cire avait fortement jauni la surface qui s’était couverte d’une salissure hétérogène et perturbait la lecture des modelés.
Selon les méthodes de nettoyage appliquées aux pierres, la cire a été éliminée et la restauration en plâtre retirée pour permettre ainsi à la statue de retrouver son apparence de fontaine.
Découverte à Sainte-Colombe en juillet 1845, sur un terrain appelé « champ de l’œuvre » appartenant à Sieur Dumas, au nord-ouest de la gare, à moins de 500 mètres de l’actuel musée, la « Nymphe de Sainte Colombe », a été acquise en 1846 par Monsieur Michoud. Ses descendants conservent la Nymphe avant qu’elle rejoigne la collection du musée de Saint-Romain-en-Gal en 2010. Son acquisition a été effectuée par le département du Rhône grâce au mécénat de la banque Neuflize OBC, du ministère de la Culture (DRAC) et de la région Rhône-Alpes. 

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Aphrodite au musée de Saint-Romain-en-Gal

La stèle du dieu Gaulois Sucellus

Dans l’Empire romain, les vaincus ne sont pas tenus de renoncer à leurs dieux. Au lendemain de la conquête, les Gaulois ont adopté un certain nombre de dieux et de déesses du panthéon gréco-romain. Mais, ils ont conservé sous leur nom d’origine plusieurs de leurs divinités. Parmi elles, le dieu Sucellus, dont le culte reste très populaire dans toute la Gaule romaine. Il figure sur le relief retrouvé à Saint-Romain-en-Gal.


Sur cette stèle épigraphe à couronnement, Sucellus, un personnage barbu d’un âge mûr, est représenté de manière traditionnelle, avec un chien à ses pieds, tenant un récipient (olla) et un maillet sur l’épaule. Il est vêtu d’une tunique courte, par-dessus laquelle un manteau court et ample est agrafé sur l’épaule droite.
Cette statue a été offerte en ex-voto par un habitant du quartier, comme le rappelle l’inscription gravée sur la base du relief : ATTICUS SARCIS (FILIUS) D(ONUM) R(EDDIT) : Atticus fils de sarcius , a fait ce don en retour.
Lieu de découverte : rue des Thermes entre 1967 et 1969, site archéologique de Saint-Romain-en-Gal.
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Stele Sucellus au musée de Saint-Romain-en-Gal

Vase en verre gravé

Les 11 fragments de ce verre ont été trouvés dans la partie orientale du site, sous le portique monumental le long de la rue des Thermes, la plus importante du quartier. II s’agit d’un vase à boire en verre soufflé, incolore, transparent, d’une belle qualité dont l’épaisseur varie de 1,6 à 5,5 mm. Les fragments retrouvés, bien que parfois discontinus, permettent de reconstituer le profil avec précision et de déterminer le diamètre du verre à sa partie supérieure de 9 cm et de 12,5 cm à l’endroit le plus large, proche du fond.

Ils permettent également de déterminer la hauteur du bol de 13,5 cm, soit une capacité d’environ 1,25 litre. Ces dimensions sont exceptionnellement importantes.
Mais la comparaison du verre de Saint-Romain-en-Gal avec les verres connus (typologie Isings) reste difficile car, malgré l’essai de reconstitution, nous ne pouvons définir la forme de la partie inférieure ; y avait-il un pied et, si oui, était-il bas ou haut ?
La décoration est fondée sur trois éléments : une inscription, des rinceaux et des personnages. De haut en bas ces éléments se répartissent ainsi : une ligne d’inscription, un rinceau, des personnages occupant le registre principal.
L’inscription : les lettres de très belle facture qui subsistent sur les fragments de notre verre sont monumentales (hauteur 12 et 14 mm). Elles permettent de proposer la restitution suivante : (HILA) RIS PR(OPINO) (AMA) NTI ou (PARE) NTI (BUS) : Joyeux je présente ma coupe à ceux qui m’aiment (ou à mes parents).
Les rinceaux : ils cernent le motif principal du décor dans la partie supérieure et dans la partie inférieure du verre mais ne sont pas identiques. Le rinceau du haut figure une alternance de quelques volutes simples et de deux grappes de raisin, l’une représentée de bas en haut, l’autre de haut en bas. Le rinceau inférieur, plus dépouillé, ne paraît pas comprendre de grappes de raisin, mais nous ne connaissons qu’un petit fragment de cette partie du verre.
Les personnages du décor central : il s’agit d’Amours ailés, nus, musclés plutôt que potelés (leur musculature les fait d’ailleurs paraître plus âgés qu’on n’a coutume de les voir représentés) ; ils évoluent au milieu de scènes de chasse et de vendanges. Leurs bras et  leurs pieds sont ornés de  bracelets. D’après la reconstitution, il devait y avoir six Amours.
La gravure est réalisée directement sur le verre, à l’aide d’une pierre dure (silex, diamant…).  Les traits du dessin, plus ou moins épais, sont obtenus par de tout petits éclats successifs. Le tracé devait être fait sur un enduit recouvrant le verre. On ne relève aucune trace de l’esquisse, aucune faute ou maladresse dans la gravure. L’artiste procède par touches très légères, avec la liberté d’un graveur parfaitement maître de son art.
Le contexte archéologique permet de dater le verre gravé de Saint-Romain-en-Gal de la fin du second siècle après J.-C. Mais cette situation chronologique ne le laisse rattacher à aucun groupe connu et la question de son lieu d’origine reste posée.
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Verre gravé - musée de Saint-Romain-en-Gal

La peinture de la paroi du Globe

On ignore l’origine de cette peinture, découverte à Vienne, rue de l’Embarcadère, au XIXe siècle et présentée dans la collection permanente du musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal.
D’après la hauteur conservée sur 3,50 m, elle peut provenir de la grande salle de réception d’une maison, ou encore d’un édifice public. Elle présente, en une surface réduite, un décor foisonnant, associant de multiples motifs…

– motifs géométriques : cercles rouges, panneaux verts, bandes rouges, fond noir, petits panneaux noirs ;
– objets : canthare (vase à grandes anses surélevées), tympanons (tambourins), candélabres, œnochoé (vase pour servir le vin), boule de cristal ;
– animaux et végétaux : cygnes, divers oiseaux, pyramide végétal composée de fleurs blanches et rouges, guirlandes végétales, acanthes, ombelles, grappes de raisin ;
– êtres légendaires : tête de divinité marine, sphinx ailé, bacchant (personnage du cortège de Bacchus, dieu de la vigne et du vin), Victoire.
Les fouilleurs n’ont prélevé que les parties richement figurées. La paroi est donc incomplète mais les éléments conservés suffisent pour comprendre l’ensemble de la composition. Il s’agit d’un décor d’une exceptionnelle qualité. En zone médiane, sont peints de larges panneaux à fond vert. Ce choix esthétique valorise les surfaces lustrées et lumineuses de ces grands panneaux peints de pigments onéreux, comme le vert céladon et le rouge vermillon (cinabre) pour la bande encadrant les panneaux.
De somptueux candélabres, qui s’élèvent sur fond noir, portent l’essentiel de l’iconographie du décor. D’après les éléments conservés, chacun d’entre eux est une composition originale et différenciée des autres. Cependant, ils ont tous en commun une nature hybride, mi-végétale, mi-métallique. La composition générale suit les poncifs de la peinture gallo-romaine de la seconde moitié du Ier siècle de notre ère, avec sa structure à panneaux et candélabres composites, et l’absence de zone supérieur. L’exécution est particulièrement riche, comme le signale la qualité picturale (par exemple celle de la transparence de la sphère), le soin apporté au détail et la richesse des panneaux vert céladon.
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Peinture de la paroi du Globe au musée de Saint-Romain-en-Gal

Dallage de marbre (opus sectile)

Ce dallage incomplet, daté du dernier quart du second siècle ou du début du troisième siècle de notre ère, ornait la salle de réception d’une maison.

Il s’agit d’un sol en plaques de marbres composé de quadrillage droit de carrés de 6cm de côté, chacun d’eux en inscrit un deuxième de 3cm de côté, puis un troisième. C’est une composition géométrique à base de carrés faisant alterner les couleurs des marbres employés. Elle associe des plaques de marbre violet de Téos (Asie Mineure) et du marbre jaune de Numidie, (actuelle Tunisie) qui sont parmi les plus chers de l’Empire Romain.

Il est rare de découvrir des sols de marbres bien conservés car ces dallages, à la différence des mosaïques, ont presque toujours disparu. Il s’agit en effet de matériaux coûteux, qui ont été soigneusement récupérés après l’abandon des bâtiments. Au cours des premiers siècles de notre ère, de nombreuses carrières de marbre étaient exploitées tout autour de la méditerranée, en Italie, en Tunisie, en Égypte, en Grèce, en Asie Mineure…). La plupart appartenait au patrimonium césaris, c’est-à-dire aux biens de l’empereur. Elles étaient administrées par des fonctionnaires ou bien des militaires, tandis que la main d’œuvre se composait de bagnards, les domnati ad metalla, (condamnés aux mines).

Ces marbres ont fait l’objet d’un commerce très actif, sous la forme de blocs, notamment de fûts de colonnes destinés aux monuments, mais surtout de plaques de revêtements pour la décoration des sols et des parois.

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Dallage de marbre (opus sectile)