Vestiges et collection

Les principaux vestiges du site archéologique

La maison des Dieux Océan

La maison des Dieux Océan a été aménagée dans les années 160 après J.-C. Avec plus de 3 000 m² de surface au sol, c’est l’une des plus vastes connues à ce jour en Gaule. Les pièces de réception, chacune d’environ 100 m², se répartissent autour de grands jardins à colonnades, animés par des bassins et des jets d’eau. Cette architecture traduit l’adoption sans réserve par les riches viennois d’un mode de vie à la romaine.

Maison des Dieux Océan

Les thermes des Lutteurs

Dans chaque ville de Gaule romaine, il y avait de nombreux établissements de thermes. Depuis de simples bains de quartier jusqu’aux grands établissements on venait, comme dans les clubs de gym d’aujourd’hui, faire de l’exercice, se détendre, rencontrer des amis, voire se cultiver, puisqu’on y trouvait également des bibliothèques.

Thermes des lutteurs site archeologique saint-romain-en-gal

Voie romaine en granit

Le dallage de granit, réservé au parcours urbain des rues, est une image forte de la romanité. Le réseau d’égouts, les adductions d’eau, les trottoirs et le dallage des rues offrent une image étonnement contemporaine de la ville romaine. La maintenance de ces aménagements suppose des moyens et une organisation qui caractérisent la vie urbaine de la Paix romaine.
Créé à la fin du Ier siècle avant J.-C., ce quartier résidentiel connaît un fort développement vers les années 50 après J.-C., lié à l’importance économique de la vallée du Rhône. La richesse de ses habitants s’exprime par la construction de véritables petits palais. Tout autour, les voies dallées, les entrepôts et les ateliers, mais aussi des thermes publics composent un paysage urbain dont l’organisation et le souci de confort étonnent par leur modernité.

Rue pavée dalles de granit

La mosaïque aux Xenia

Cette mosaïque couvrait la grande pièce de réception de la maison aux Cinq Mosaïques. Elle offre un riche ensemble de sujets de grande qualité disposés dans les cases d’un quadrillage géométrique. On reconnaît de nombreuses représentations qui évoquent la table : corbeille de fruits (figues ou pommes), cerf, perdrix, pigeon, poissons, champignons. En cours de restauration avec l’aide du fond régional d’aide à la restauration. Cofinancé par l’État (DRAC) et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Mosaique aux Xenia-Poule sultane

La collection permanente du musée

La qualité de l’architecture et de la lumière, les rapports entre les œuvres et le site rendus possibles grâce à la transparence du bâtiment, composent une scénographie unique qui valorise les collections.

Faire revivre un monde disparu

Les collections dressent un panorama complet de la vie quotidienne au cours des premiers siècles de notre ère. Le parti choisi est celui d’une approche ethnologique, avec de nombreuses reconstitutions sous forme de maquettes.
Le parcours permet de découvrir tout d’abord le site et son histoire, et l’ampleur de la romanisation, avec notamment la mosaïque des Athlètes vainqueurs, les peintures des thermes des Lutteurs et la maquette de Vienne au IIe siècle de notre ère.
L’artisanat, le commerce et l’importance économique de la ville, source de richesses pour ses habitants, sont évoqués ensuite dans la partie du musée qui domine le Rhône, rappelant ainsi le rôle essentiel du fleuve comme moyen de communication et de transport. Plus loin, on découvre la diversité des décors et l’originalité du style des mosaïstes de Vienne.
Enfin, dominant le site archéologique, une présentation de la maison romaine, espace par espace, restitue le cadre et les gestes de la vie quotidienne.

Public au musée de Saint-Romain-en-Gal
Mosaique losanges et crustae

D’où vient la collection?

Site classé de Saint-Romain-en-Gal

Il s’agit de découvertes faites sur place, puis issues de campagnes de fouilles programmées conduites régulièrement depuis 1981.

Fouilles préventives

Ces opérations archéologiques, prescrites par les services de l’État en région, sont réalisées avant les travaux de construction portant atteinte aux vestiges, lorsque aucune solution de protection n’est possible. Elles se sont intensifiées à partir des années 1980, et les résultats ont considérablement renouvelé nos connaissances, en particulier sur la topographie de la ville romaine.

Dépôt de la Ville de Vienne (Isère)

Il permet de présenter des pièces prestigieuses appartenant aux musées de Vienne. Beaucoup d’œuvres, acquises au XIXe siècle, proviennent de découvertes fortuites sur les deux rives du Rhône, comme la mosaïque du Châtiment de Lycurgue.

Les signes de la romanité

Dieu Océan

Ce pavement recouvrait le sol du vestibule (100 m²) de l’une des plus grandes maisons du site, à laquelle il a donné son nom. Le tapis central de la mosaïque représente quatre têtes du dieu Océan. Elles sont entourées d’animaux marins : poissons (murènes, sardine, raies), coquillages (moules, murex). Tout autour, se développe un décor géométrique de cercles sécants. Ce décor en noir et blanc, qui tranche par sa sobriété sur les mosaïques viennoises de cette époque, est devenu aujourd’hui l’emblème du site.

Mosaique Dieu Océan

Athlètes vainqueurs

Au centre, Hercule combat le lion de Némée. Tout autour, des athlètes vainqueurs (lutteurs, discobole, coureur…) sont récompensés par des coupes ou des palmes. Dans les carrés figurent des masques de théâtre et, aux quatre coins, les Saisons. Cette mosaïque décorait la salle de réception d’une grande maison viennoise, vers la fin du IIe siècle après Jésus-Christ. Hercule, divinité particulièrement vénérée en Gaule, constitue par sa force et son courage une référence pour les athlètes. La présence de masques de théâtre permet d’imaginer des spectacles mixtes, qui associaient des représentations théâtrales et des jeux sportifs.

Mosaique des athlètes vainqueurs

Lutteurs

Fontaines jaillissant d’une paroi de marbre, élégant bassin entouré d’une colonnade, peintures sur les murs : la plus luxueuse des salles des thermes des Lutteurs n’est autre que la pièce des latrines ! Le décor peint composait une série de tableaux figurant les sports de la palestre, cet espace des thermes où l’on pratiquait des exercices physiques avant le bain. Quatre tableaux, recueillis en fragments ont été patiemment reconstitués. Ils représentent des sportifs nus selon les conventions de l’époque : lutteurs, discoboles et pugilistes. Seul l’arbitre est vêtu : placé à une extrémité de la pièce, il indique la sortie vers les salles thermales.

Quatre siècles d’histoire

Maquette de Vienne antique

Au maximum de son développement, au IIe siècle après Jésus-Christ., la ville s’étendait sur près de 100 ha sur chaque rive.
Sur la rive gauche, le paysage urbain est d’abord marqué par la grande enceinte de plus de 6 km. Le cœur de la ville est constitué par le quartier du forum, qui renferme le centre politique et religieux de la cité. Au-dessus, les constructions monumentales sont disposées en terrasses, avec notamment le théâtre. Au sud, la plaine accueille de gigantesques entrepôts ainsi que le grand cirque (hippodrome).
Sur la rive droite, s’est développé le “quartier des affaires”, où les grandes demeures voisinent avec les entrepôts et les boutiques. Un pont de pierre existait probablement à l’époque romaine : sans cesse réparé au cours du Moyen Age, il s’est écroulé définitivement au XVIe siècle.

Maquette de Vienne antique-Musée de Saint-Romain-en-Gal

Maquette du quartier de Saint-Romain-en-Gal

Avec 4 ha de superficie, le site archéologique de Saint-Romain-en-Gal est pour l’époque romaine est l’un des plus vastes de France. L’état reconstitué ici date de la fin du IIIe siècle après J.-C. : la trame urbaine très dense associe de très grandes maisons et des îlots artisanaux et commerciaux. À gauche, un ensemble public comporte une vaste esplanade bordée de grandes colonnades, avec au premier plan, le monumental portique du Rhône. Vers le sud (à gauche), à l’emplacement de la commune de Sainte-Colombe, la ville se poursuivait avec une densité comparable.

Maquette quartier de Saint-Romain-en-Gal

Coupe à travers les dépôts archéologiques du site de Saint-Romain-en-Gal

Sur un chantier de fouille, les visiteurs sont immanquablement attirés par les travaux en cours : mais pour des raisons de sécurité, les sondages que creusent les archéologues leur sont inaccessibles. D’où l’idée de reconstituer dans le musée une coupe de terrain, mettant ainsi le visiteur dans la situation du fouilleur. Les sédiments accumulés ici sur près de 4 m d’épaisseur résultent d’une occupation continue du site, de la fin du Ier siècle avant au IIIe siècle après Jésus-Christ.

Stratigraphie Saint-Romain-en-Gal

Le grand commerce, source de richesse

Dieux Fleuve

Un homme accoudé à un vase jaillissant, un roseau à la main : c’est la personnification, classique dans l’Antiquité, d’un fleuve. Mais comment interpréter la figure féminine de cette mosaïque ? S’agit-il d’une source ou bien d’une rivière ? Doit-on à tout prix chercher une correspondance locale à ce tableau ? Ou bien ne faut-il voir que l’engouement pour les thèmes aquatiques : l’eau fertilisatrice, si rare dans le monde méditerranéen, le fleuve nourricier, et ici source de richesses économiques grâce au commerce fluvial ?

Mosaïque des dieux fleuve au musée de Saint-Romain-en-Gal

Reconstitution d’un navire

Limite septentrionale de la province de Narbonnaise, Vienne est directement reliée au bassin méditerranéen par la vallée du Rhône. Par cet axe majeur de l’Empire transite un énorme volume de marchandises entre les provinces du Nord (Gaules, Germanie, Bretagne) et la Méditerranée. Lyon constitue le point central de ce réseau. Les bateaux de mer remontent jusqu’en Arles. Au-delà, les transports sur le Rhône et la Saône sont aux mains de puissantes compagnies de navigation, les nautes, dont les bureaux sont à Lyon. Ce bateau chargé d’amphores, réplique d’une embarcation portuaire découverte à Toulon, évoque le commerce de trois produits de base de l’alimentation romaine : l’huile d’olive, le garum, condiment à base de poisson, et le vin.

Reconstitution d'un bateau au musée de Saint-Romain-en-Gal

Piédestal de L. H. Frugus, entrepreneur lyonnais et magistrat à Vienne

Ce piédestal supportait la statue d’un personnage important, le Viennois Lucius Helvius Frugus, curateur des bateliers du Rhône et de la Saône. Il dirigeait l’une des puissantes corporations des bateliers de Lyon. De plus, durant une année, il a été un des deux duumvirs de la cité des Viennois. Ces deux magistrats, comme les consuls de Rome, sont à la tête de l’administration municipale.

Piédestal de L. H. Frugus-Musée de Saint-Romain-en-Gal

Maquette des entrepôts de Vienne

Ces gigantesques entrepôts s’étendaient sur au moins 5 ha. Ils étaient constitués de rangées de grandes cellules (32 m x 15 m), construites sur les bords du Rhône. Par leur taille, ils sont parmi les plus grands du monde romain. Il s’agirait de constructions publiques destinées non pas à la ville de Vienne, mais au stockage de marchandises destinées à Rome, peut-être une partie de l’impôt en nature collecté par l’administration dans les provinces de la Gaule conquise, ce qui laisse supposer des produits très variés : céréales, vins, métaux, bois, peaux…

Maquette des entrepôts de Vienne

Sol en plaques de marbre (opus sectile)

Au cours des premiers siècles de notre ère, de nombreuses carrières de marbres étaient exploitées tout autour de la Méditerranée. Ces marbres ont fait l’objet d’un commerce très actif, sous la forme de blocs, mais surtout de plaques de revêtements. Ce dallage incomplet (début du IIIe siècle après J.-C.) ornait une salle de réception dans une domus de Vienne, la maison des Nymphéas. Il comprend des plaques de marbre violet de Téos (en Asie Mineure) et du marbre jaune de Numidie (actuelle Tunisie) qui sont parmi les plus chers de l’Empire.

Sol en plaques de marbre-opus sectile au musée de Saint-Romain-en-Gal

Les mille et un métiers de la ville

Le foulon

Lieu de résidence des notables, la ville fait vivre un grand nombre de métiers : commerçants, artisans, professions libérales… L’archéologie apporte quelques lumières sur ce monde généralement ignoré des auteurs antiques. Les foulons utilisaient des bassins pour laver les textiles et les étoffes. Un de ces ateliers est connu à Saint-Romain-en-Gal. Il comprend une cour centrale bordée d’espaces couverts. L’un d’entre eux abrite une batterie de quatre bassins, d’une capacité totale d’environ 25 m3. Cette fullonica s’inscrit dans un îlot triangulaire dont l’extrémité est entièrement occupée par des bâtiments artisanaux.

Foulon

Le potier

Le site de Saint-Romain-en-Gal, au début de son histoire, est une sorte de zone artisanale. Comme à Lyon, des potiers venus d’Italie du Nord s’y installent vers 30 avant J.-C. et durant quelques décennies, ils fabriquent des gobelets à parois minces, à décor moulé, et une céramique à vernis rouge brillant (dite sigillée), destinés à l’exportation. L’essentiel des produits est écoulé vers les provinces du Nord : Gaules, Bretagne (aujourd’hui la Grande-Bretagne), Germanie. Ces productions coexistent avec d’autres de tradition gauloise, notamment des bols peints rouges et blancs et des pots à cuire en céramique modelée.

Boutique de potier au musée de Saint-Romain-en-Gal

Le plombier

Aujourd’hui, le plomb est devenu symbole de pollution et de nuisance : c’est un métal qu’on souhaiterait voir disparaître de notre environnement quotidien. Pourtant, dans le passé, le plomb a été utilisé en grandes quantités. Dans le monde romain, le plomb est le métal le plus répandu et le moins coûteux. Facile à fondre et à recycler, il est utilisé surtout pour la fabrication des tuyaux d’adduction d’eau. L’artisanat du plomb était très présent à Vienne : 70 noms d’artisans différents sont attestés, grâce aux marques sur des tuyaux.

Le plombier au musée de Saint-Romain-en-Gal

Le tabletier

Le tabletier est spécialisé dans la fabrication d’objets réalisés à partir d’os d’animaux (bœufs, moutons…) récupérés chez le boucher. Les ébauches, obtenues à partir du sciage des os longs des pattes, sont ensuite découpées, tournées, polies, gravées…pour donner de multiples objets du quotidien : dé à jouer, jeton, aiguille, épingle, stylet pour écrire sur les tablettes de cire, manche de couteau, charnières de coffret, peigne, cuillère… À côté des objets finis, l’examen des rebuts révèle les différentes étapes de fabrication.

Le tabletier au musée de Saint-Romain-en-Gal

Le mosaïste

Du métier de mosaïste, nous connaissons peu de choses, si ce n’est les œuvres achevées. La fabrication des petits cubes, les tesselles, ne nécessite pas d’installations particulières mais beaucoup de savoir-faire. Pour le noir et le blanc, le mosaïste choisit plutôt des calcaires, pour les couleurs, des marbres. Seules les teintes très vives nécessitent un matériau artificiel, la pâte de verre colorée. L’essentiel de l’activité se faisait sur place, en équipe. Le maître réalise les tableaux figuratifs, tandis qu’à l’ouvrier qualifié ou à l’apprenti, chacun en fonction de son expérience, sont confiés les motifs géométriques ou les simples bandes de raccord.

Le mosaïste au musée de Saint-Romain-en-Gal

Le peintre

À l’époque romaine, dans les bâtiments publics comme dans les maisons, tous les murs sont recouverts d’un enduit, souvent peint. La fraîcheur et la solidité des couleurs sont dues à la technique de la fresque. Elle consiste à appliquer la peinture sur un enduit de chaux et de sable fin encore humide, qui, en séchant, va fixer les couleurs. Il est rare de pouvoir  reconstituer un décor mural, car les enduits peints très fragiles ont souvent disparu dans le sol. On y arrive cependant, en recueillant avec beaucoup de soin les fragments découverts dans les décombres de démolition.

Coeur enduit peint

Des maisons en couleur

Peinture aux Candélabres

Le style des décors peints n’est pas immuable : les spécialistes ont établi une succession de quatre styles, reconnus à Pompei et Herculanum entre le IIe siècle avant et le Ier siècle après Jésus-Christ. Dans les provinces, la peinture suit les grandes lignes de cette évolution, tout en développant des caractères originaux, notamment la mode du candélabre. Il s’agit d’un élément de mobilier métallique, constitué d’une base surmontée d’une tige et d’un petit plateau, destiné à supporter des lampes à huile. Ce motif a eu beaucoup de succès chez les peintres de la Gaule. Ils l’ont systématiquement utilisé pour séparer les grands panneaux de couleurs qui décorent les parois.

Peinture aux candélabres au musée de Saint-Romain-en-Gal

Peinture aux Échassiers

Cette paroi, exceptionnellement conservée sur une hauteur d’un mètre, provient du péristyle (jardin à portiques) d’une maison de Vienne. À la base, sur la plinthe, des touffes de verdure qui évoquent une végétation humide alternent avec des échassiers. Les six oiseaux conservés sont peints avec beaucoup de finesse en blanc, avec des rehauts de couleur rose sur les ailes, bleue sur la queue, violet sur le sommet des pattes. Les échassiers sont bien connus dans la peinture murale, en particulier dans les jardins de Pompéi et d’Herculanum. Associés aux plantes des marais, ils contribuent à la construction de ce paysage aquatique que les Romains aimaient trouver dans leurs jardins.

Peinture aux échassiers au musée de Saint-Romain-en-Gal

Cratères et oiseaux

Jusqu’au milieu du XXe siècle, la dépose de mosaïques restait une entreprise périlleuse qui nécessitait de gros moyens et n’était pas toujours couronnée de succès. Cela explique pourquoi, dans le passé, on a volontairement limité les déposes aux parties des mosaïques les plus décorées, en privilégiant les scènes figurées au détriment des motifs géométriques. Ces trois panneaux ont été prélevés en 1863, sur un pavement découvert à Vienne. Au centre du carré, un grand vase (cratère) était flanqué de quatre demi-cercles. Deux seulement ont été déposés : ils représentent une perdrix picorant une grappe de raisin et un échassier (une cigogne ?) qui mange un serpent.

Mosaïque cratères et oiseaux au musée de Saint-Romain-en-Gal

Orphée charmant les animaux

Poète légendaire de la Grèce, Orphée est célèbre pour sa descente aux Enfers, où il va chercher sa bien-aimée Eurydice. Ce n’est pas cet épisode qui figure ici, mais la représentation d’Orphée qui apaise les animaux par le charme puissant de sa musique. On disait même qu’en l’écoutant, les fleuves cessaient de couler et que les arbres et les rochers versaient des larmes. Ce thème est attesté sur quelque cinquante mosaïques connues essentiellement dans la partie occidentale du monde romain. Quatre ont été découvertes à Vienne.

Mosaïque d'Orphée au musée de Saint-Romain-en-Gal

Les espaces de la maison

Maquette de la maison des Dieux Océan

La maison des Dieux Océan (3000 m² au sol) présente des caractères communs aux grandes demeures urbaines de la Gaule : outre sa taille (elle s’inscrit dans un rectangle long de 100 m), c’est d’abord la part donnée aux péristyles, ces jardins intérieurs entourés de colonnades : ils occupent ici plus des 2/3 de la surface au sol. Cette “portion de nature” intégrée dans l’espace domestique constitue un des traits les plus originaux d’une architecture qu’on retrouve tout autour de la Méditerranée. De nombreux bassins, des fontaines et des jets d’eau animent ces jardins et même certaines pièces couvertes. La taille des salles de réception (100 m²) atteste de la richesse du propriétaire et sa volonté d’ostentation.

maquette maison des dieux ocean

Le jardin à colonnade (péristyle)

Le péristyle est constitué par un jardin d’agrément, entouré de colonnades et comportant au moins un bassin. La maison romaine a pris naissance dans le monde méditerranéen, où l’eau est un bien rare et précieux. L’eau qui désaltère, qui irrigue ou qui lave est symbole de vie, de fertilité et de pureté. Le murmure d’une source même artificielle, le miroir d’un plan d’eau ou la luxuriance de la végétation aquatique créent une atmosphère idyllique, que les Romains recherchent tout particulièrement. Aussi, l’eau est-elle un élément essentiel des jardins, dans lesquels elle intervient partout.

Aphrodite dans le peristyle au musée de Saint-Romain-en-Gal

Le sanctuaire domestique

Dans l’Empire romain, les vaincus ne sont pas tenus de renoncer à leurs dieux. Au lendemain de la conquête, les Gaulois ont adopté un certain nombre de dieux et de déesses du panthéon gréco-romain, mais ils ont conservé sous leur nom d’origine plusieurs de leurs divinités. Parmi elle, le dieu Sucellus, dont le culte reste très populaire dans toute la Gaule romaine. Il figure sur un relief retrouvé à Saint-Romain-en-Gal, dans une des grandes demeures. Sucellus est représenté de façon traditionnelle, avec un chien à ses pieds, tenant un vase et un maillet sur l’épaule. (Hauteur : 0,69 m)

La salle à manger (triclinium)

Le triclinium doit son nom aux trois lits de repas, formant une banquette en forme de U, sur laquelle s’allongeaient les convives. Cette pièce était utilisée pour les grands repas. Les lits occupaient la partie arrière de la pièce, tandis que l’avant était réservé au service de la table. La composition du pavement reproduit le plus souvent cette disposition : à l’emplacement du mobilier, on ne trouve qu’un décor géométrique. Sur l’avant, au contraire, sont disposés des motifs figurés, orientés vers les convives.

Triclinium au musée de Saint-Romain-en-Gal

La chambre à coucher (cubiculum)

Comme pour la salle à manger, le sol de mosaïque porte parfois l’indication au sol de l’emplacement du lit, marqué par un « tapis » géométrique, alors que des motifs figurés occupent la partie qui était dépourvue de mobilier. Ici, ce sont des monstres marins et des dauphins disposés dans des demi-cercles, tandis que le lit recouvrait un rectangle (2,18 x 0,71 m) décoré de motifs répétitifs noirs et blanc dessinant des cercles. Cette chambre (dimensions totales 4,35 x 2,68 m) appartient à la maison d’Amour et Pan, mise au jour à Sainte-Colombe en 1981.

Chambre à coucher-cubiculum au musée de Saint-Romain-en-Gal